Les Cordes du Vivant
Musique, vibrations et Médecine Traditionnelle Chinoise
Il y a bien longtemps, lors d’un enseignement reçu sur la diététique chinoise, je notais une phrase toute simple :
« La Rate aime la musique. »
Sur le moment, je l’ai notée dans mon cahier, comme tant d’autres enseignements. Puis la vie a continué, les consultations se sont enchaînées, et cette phrase est restée quelque part dans un coin de ma mémoire.
Elle est revenue à moi, alors que j’étais en vacances au bord de la mer… en plein hiver.
J’aime profondément la mer à cette saison. Loin des foules estivales, elle retrouve son vrai visage : immense, silencieuse, presque méditative. Les vagues semblent respirer lentement, le vent emporte les pensées inutiles, et le temps lui-même paraît ralentir.
C’est dans ce calme que mon esprit a timidement fait remonter cette phrase :
« La Rate aime la musique. »
Évidemment, mon cerveau, qui commençait déjà à s’ennuyer, a immédiatement répondu :
— Oui… mais quel genre de musique ?
Et c’est ainsi que tout a commencé.
Au départ, je voulais simplement écrire un petit article pour partager une réflexion. Quelques paragraphes. Mais plus j’avançais, plus les fils se reliaient entre eux : la musique, les cinq éléments, les émotions, les organes, les anciens maîtres taoïstes, le Guqin, les sons thérapeutiques… À un moment, j’ai même refermé mon ordinateur en me disant avec un sourire :
« Attention… tu es peut-être en train d’écrire un livre ! »
Alors j’ai choisi une autre voie.
Plutôt qu’un seul article interminable, j’ai décidé d’ouvrir une série où chaque texte sera une étape d’un même voyage.
Bienvenue dans la série Les Cordes du Vivant
Musique, vibrations et Médecine Traditionnelle Chinoise
Pourquoi Les Cordes du Vivant ?
Parce qu’en médecine chinoise, le corps n’est pas une machine composée de pièces détachées. C’est un instrument vivant. Les organes résonnent entre eux comme les cordes d’une cithare, les émotions modifient leur vibration, la respiration donne le rythme, et le Shen — notre esprit — en dirige l’harmonie.
Les anciens Chinois ne séparaient jamais la médecine, la musique et la philosophie. Pour eux, soigner consistait autant à nourrir le corps qu’à accorder l’être humain avec les mouvements de la nature.
Dans cette série, nous explorerons ensemble ces liens fascinants, à la fois poétiques et profondément thérapeutiques.
Nous parlerons notamment :
- du Guqin, l’instrument des sages et des lettrés ;
- des cinq notes et de leur correspondance avec les cinq organes ;
- des émotions comme véritables vibrations du corps ;
- des sons thérapeutiques taoïstes (Liu Zi Jue) ;
- et de cette mystérieuse affirmation : pourquoi la Rate aime-t-elle la musique ?
Je ne prétends pas apporter une vérité absolue. J’aimerais simplement partager une manière d’écouter autrement : écouter la musique, écouter le corps… et peut-être apprendre à entendre ce qui, en nous, cherche depuis longtemps à retrouver son accord.
À très bientôt pour le premier chapitre.
Les Cordes du Vivant – Épisode 1 : Le Guqin, l’instrument qui apaise le Shen.
